Le territoire de l'homme
A partir de son histoire (enfance, expériences affectives, relations aux autres, travails, loisirs), l’homme se crée un territoire.
La représentation, qu’il en a, est topologique, il marque son espace par les lieux qui l’intéressent, négligeant ceux qu’il connaît peu ou qui sont sans intérêt pour lui ; c’est ainsi que dans un carrefour à plusieurs voies, il ne retient que les bifurcations qu’il utilise.
Le comportement territorial revient à déterminer, pour chaque individu d’une même espèce, une certaine surface ou un certain volume, zone lui permettant survie et reproduction. «L’autre» est alors toléré seulement au delà de la frontière, s’il est du même sexe, mais peut être admis dans le territoire dans certains cas, s’il est de sexe opposé. Ces rapports sont réglés par l’agressivité intra-spécifique, les relations de dominance lorsque le groupe intervient, ainsi que les relations sexuelles. Il existe une distance individuelle entre les animaux de la même espèce et une distance de fuite, celle à laquelle l’animal va commencer à fuir quand un membre d’une autre espèce s’approche. Cette distance augmente en période de tension et se réduit dans les moments de paix.
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réalisations
La dimension protectrice de la maison est primaire.
L’idée d’un vrai chez-soi renvoie toujours à la possibilité d’entrer en contact avec sa sécurité intérieure.
Par de simples objets familiers, une odeur, une décoration personnelle, on peut développer le sentiment d'appartenance.
La représentation de l'espace
L’homme crée son espace et se crée lui-même. L’image de soi, de son corps, n’existe, en grande partie que par rapport à l’image d’autrui. Cette relation est fonction de l’homogénéité ou de l’hétérogénéité du groupe et il existe chez le sujet des corrélations entre la relation aux choses et la relation aux êtres.
L’image du territoire se forme selon un apprentissage de lieux et de liaison qui se construisent au fil du temps. Par exemple, lorsque l’on y va pour la première fois dans une ville inconnue, on dispose d’un plan et on repère les lieux qui sont des points sur le plan ; lorsque l’on y retourne, on va commencer à relier divers points, s’orienter par rapport au musée, au centre culturel, à tel restaurant ou tel parc et on se crée des itinéraires à partir de l’hôtel ; le réseau de la ville est de mieux en mieux connu et le plan inutilisé. Naturellement, ce territoire du touriste n’a rien à faire avec le plan de l’autochtone local qui, depuis son enfance, pratique sa ville sans plan ; ainsi la représentation du touriste et celle du citoyen n’ont pas grand chose en commun ; celle de l’habitant est un réseau constitué par les actions quotidiennes dans une organisation topologique alors que celle du touriste est une liste réduite de lieux non liés.
On peut ainsi opposer l’espace mal connu abstrait fait de points non reliés, chez le touriste, l’espace semi-connu où quelques points sont reliés, enfin l’espace connu où tous les points intéressants (pour le sujet) sont reliés en réseau, tel qu’à partir d’un seul point, on reconstitue les autres. C’est le territoire de l’autochtone. Cet espace approprié que nous appelons espace concret suit donc les mêmes lois d’organisation interne que l’objet concret par rapport à l’objet abstrait.
objets
territoire
estime
autre
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